Pourquoi certaines relations nous apaisent, tandis que d’autres nous perturbent ? Pourquoi avons-nous besoin d’être rassuré en permanence ou au contraire, de tenir l’autre à distance ?Qu’est-ce qui nous amène à revivre les mêmes écueils ?
Nos façons d’aimer, de réagir face à l’autre, de chercher la proximité ou de nous en protéger, prennent racine dans des mécanismes profondément ancrés en nous. Ces dynamiques peuvent créer des malentendus, des tensions, et parfois un sentiment de répétition douloureuse dans nos histoires amoureuses.
Lors de cet atelier Zoom, nous explorerons :
🔹 Ce qui se rejoue inconsciemment dans la vie de couple 🔹 Les réactions émotionnelles face à l’intimité, à la distance, et aux conflits 🔹 Comment certains modes de fonctionnement peuvent s’attirer et se heurter 🔹 Des pistes pour sortir des cercles répétitifs et mieux se comprendre à deux
Suite à l’atelier, un groupe de suivi pour continuer à explorer ensemble
Un espace de soutien et d’évolution pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le travail entamé, dans un cadre bienveillant.
Chaque séance inclut :
Un thème d’exploration autour des dynamiques d’attachement
Ces rencontres sont ouvertes uniquement aux professionnels de l’accompagnement en santé mentale
Dans ma pratique de psychologue et superviseure, je constate chaque jour combien les cadres théoriques de la théorie de l’attachement et de la théorie polyvagale enrichissent notre compréhension des processus relationnels et de régulation émotionnelle. Ces modèles, à la croisée des neurosciences, de la psychologie du développement et de la clinique, offrent des clés précieuses pour éclairer nos accompagnements.
Je vous propose des webinaires à destination des professionnels de la psychothérapie : ce sont des temps de transmission, de réflexion et de mise en lien entre théorie et pratique, afin de soutenir l’intégration de notions essentielles, dans votre cadre clinique.
Théorie polyvagale et ajustement thérapeutique : accompagner l’hyper et l’hypoactivation
Comprendre les états d’hyper et hypoactivation de nos patients, pour mieux s’ajuster.
Vous le savez, les relations d’attachement se tissent dès les premiers instants de vie. Le tout petit bébé commence à sentir très vite ce qu’il advient de ses besoins lorsqu’il les exprime, en fonction de ce qu’il reçoit en retour. Il est important de comprendre que ces relations précoces jouent un rôle fondamental non seulement dans le développement émotionnel, mais aussi physiologique des individus. Le système nerveux autonome (SNA), qui régule automatiquement des fonctions vitales telles que la fréquence cardiaque, la respiration ou la digestion, est profondément influencé par ces expériences relationnelles précoces. En effet, les interactions avec les figures d’attachement façonnent la manière dont le SNA réagit au stress, à la sécurité et aux signaux relationnels.
Ainsi, une sécurité d’attachement suffisante, favorise une régulation plus souple et adaptative, tandis qu’un attachement insécure peut entraîner une réactivité excessive ou inhibée du système nerveux autonome. Cette interconnexion entre physiologie et lien affectif souligne l’importance des premières relations dans la régulation émotionnelle et le bien-être global.
Unyte a établi une infographie pour illustrer ces liens :
Votre blog est intéressant, c’est bien de parler des styles d’attachement insécures à l’âge adulte. Mais pouvez-vous écrire sur l’attachement sécure ? Comment y accéder et comment savoir que nous sommes dans cet attachement ?
Si une personne est sécure et a des capacités relationnelles pour communiquer, peut-elle se fermer ou plonger dans l’insécurité face à des personnes insécures ?
Katia*
Superbe question de Katia ! Elle me permet de revenir sur quelques petits malentendus que j’entends souvent au sujet de la sécurité d’attachement. Et il est vraiment important d’avoir quelques points de repère qui nous guident dans la bonne direction. En effet, le contexte dans lequel on se construit façonne notre vision du monde et cette perception devient « notre réalité ». Il peut alors être difficile de trouver des repères fiables pour aller vers du mieux-être.
Quelques idées reçues :
Se sentir suffisamment « sécure » ne peut pas être un argument pour contraindre l’autre à s’améliorer… « Je suis sécure, donc j’ai raison, donc soigne toi »…. Non ce n’est pas de la sécurité d’attachement, c’est de la manipulation teintée d’une difficulté à prendre sa responsabilité.
Se décrire comme super fort et de savoir gérer sans se plaindre non plus, ce n’est pas de la sécurité.
Il ne s’agit pas non plus de la capacité à dire des choses émotionnelles, en soi…
Mais alors de quoi s’agit-il ?
C’est plutôt une solidité suffisante permettant de se sentir vulnérable tout en étant compétent dans certains domaines. Mais nous allons étoffer tout cela.
Pour rappel, l’attachement sécure c’est un peu l’idéal vers lequel on voudrait tous tendre. En effet, c’est celui dans lequel il y a le moins d’angoisse, ce qui favorise le développement :
de notre créativité
des liens plus sereins avec soi-même
et avec les autres.
Je reviens sur cette représentation proposée par le Cercle de Sécurité. Il représente la construction de l’attachement sécure comme un mouvement relationnel fluide qui permet à l’enfant :
de s’éloigner pour explorer le monde, à la mesure de ce qui est cohérent selon son niveau de développement ;
et se revenir vers sa figure d’attachement pour se reconnecter à sa base de sécurité (pour être consolé, protégé ou émerveiller)
Ce mouvement étant tout ce qu’il y a de plus simple. Le besoin rencontre une réponse satisfaisante la plupart du temps, sans que cela ne soit parasité outre mesure par les problématiques du parent. Et c’est en soi un contexte particulièrement propice à la construction d’une sécurité intérieure suffisante, qui persiste à l’âge adulte. C’est ce que nous allons voir dans la section suivante.
10 signes de sécurité d’attachement
Être en capacité de demander de l’aide. Quand on s’est construit dans un contexte où il fallait être indépendant très tôt ou au contraire qu’il fallait exagérer ses demandes, le rapport que l’on entretient à l’aide est teinté de « risques ». Une personne suffisamment sécure peut naturellement et facilement demander de l’aide, de façon appropriée, tout en pouvant s’appuyer ses ses capacités lorsque c’est possible.
Respecter les tours de parole.S’intéresser à ce que dit son interlocuteur tout en se sentant légitime à prendre la parole à son tour est aussi un signe de sécurité – plutôt que d’occuper tout l’espace de parole ou rester trop dans le silence. Parfois, ces tours de parole ne sont pas respectés à 50/50 car l’un.e des participant.e.s à l’échange vit quelque chose d’intense et bien sûr cela fait partie de la vie. Accueillir l’expérience de l’autre en étant présent.e à sa parole – sans vigilance du moment où l’on va ENFIN pouvoir reprendre la parole – c’est sécure !
Avoir une bonne régulation émotionnelle. Cela veut dire que l’on peut ressentir des émotions désagréables mais qu’elle ne sont pas envahissantes, on arrive à revenir assez facilement dans notre fenêtre de tolérance. Et là aussi il y a un malentendu, être sécure ne signifie pas ne rien ressentir de désagréable, pas du tout ! C’est même l’inverse, on ressent du désagréable (tristesse, frustration, colère, stress quand c’est adapté…) mais cela reste transitoire.
Se réjouir sincèrement pour autrui. Lorsque les réussites ou les joies de nos proches sont perçues pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire de beaux moments d’accomplissement et que l’on partage ce bonheur, c’est un signe de sécurité. Il n’y a pas de place ici pour l’auto-évalutation en négatif ou la jalousie, voire le ressentiment.
Savoir se protéger et protéger ses enfants. C’est une aptitude qui sous-tend que l’on a une représentation interne assez claire et construite de ce qui est « acceptable » de ce qui ne l’est pas. Et que même si c’est inconfortable voire effrayant dans certaines situations, on sait ce qu’il est adéquat de rétablir ou comment il faut agir pour protéger son enfant. Cela implique aussi de savoir faire la part des choses et de ne pas mélanger le vécu de son enfant avec sa propre histoire non résolue.
Avoir de l’empathie. Il s’agit d’une habileté sociale essentielle aux relations puisque l’empathie permet de rejoindre l’autre dans son expérience. Elle nous fait ressentir le vécu d’autrui mais avec une particularité propre à l’attachement sécure, qui est l’absence d’envahissement de cette émotion. Il n’y a pas cette notion de fusion et de perte de contact avec soi-même face à la souffrance dont on est témoin.
Supporter la critique. Prétendre que l’on sait, qu’on est expert qu’on n’a pas besoin de recevoir un regard sur soi, ce n’est pas un signe de sécurité ! Lorsqu’on a emmagasiné suffisamment de « bonnes choses » (empathie, émerveillement, autonomie, exploration etc.) on a plutôt confiance en soi et dans les autres. Ici la confiance en soi se relie au fait de se sentir fondamentalement une bonne personne. De ce fait, la critique ou les reproches sont plutôt des opportunités pour évoluer ou pour prendre soin d’une relation lorsqu’on a blessé quelqu’un. La critique n’est pas interprétée comme « Je suis mauvais.e » ce qui ouvre à l’explication ou la réparation.
Pouvoir se disputer sans drame. Ce n’est pas que le conflit soit agréable en soi, loin de là, mais ce n’est pas pour autant la fin du monde. Il est abordé avec suffisamment de solidité et de sentiment de légitimité. La sécurité interne permet de considérer que ses besoins ou son point de vue sont valables et méritent d’être défendus. Dans une relation proche, cela s’équilibre en laissant l’autre avoir le droit de s’exprimer également !
Ne pas prendre l’émotion d’autrui personnellement. En cas de stress, les styles d’attachement insécures sont marqués par l’interprétation négative des émotions des autres, en lien avec soi. Par exemple, face à la colère d’une personne, on peut se sentir angoissé.e et chercher à apaiser cette colère. Un signe de sécurité au contraire s’observe dans la capacité à faire la part des choses et permet de voir la colère de l’autre pour ce qu’elle est, reliée à l’histoire de cette personne, à la situation à laquelle elle fait face, à son sentiment d’injustice à elle, sans se sentir pris émotionnellement.
Bon équilibre entre l’autonomie et l’interdépendance. Finalement c’est une façon de résumer l’ensemble de ces points – non exhaustifs ! – dans la faculté d’être avec l’autre, jusqu’à entretenir des connexions durables et intimes dans le temps. Comme le dit Dan Siegel dans cette conférence géniale, la santé repose sur la capacité d’être soi-même (un individu séparé), tout en étant relié (connexion). Et il dit, ce n’est pas comme un smoothie où on serait mixé avec l’autre dans un blender et par conséquent indifférenciés : « dans le lien, on ne perd pas la différentiation ». On est ensemble, tout en étant différents.
Styles d’attachement… ou « état d’esprit » d’attachement
Cette notion d’état d’esprit d’attachement est souvent mise en avant, entre autres, par les créatrices du podcast « Therapist Uncensored » et cette nuance met le doigt sur la fluidité de ce qui se passe dans la relation à soi et aux autres. Bien que l’on puisse être fortement identifié.e à un style d’attachement, n’oublions pas que les insécurités sont toujours liées à la sensibilité à certains signaux de stress. Ainsi, je vous invite à penser les 10 signes de l’attachement sécure ci-dessus comme des états d’esprit que vous pouvez expérimenter « à certains moments » et avec « certaines personnes ». En d’autres termes, cette sécurité est peut-être peu visible, elle n’en demeure pas moins présente en chacun de nous.
Pour conclure
Donc, si je reprends la seconde portion de votre question, la sécurité d’attachement permet de ressentir la souffrance de l’autre mais elle protège. Elle protège de l’effondrement, de l’envahissement des émotions négatives au sein des relations interpersonnelles. Elle n’empêche pas de souffrir face aux difficultés de la vie ! Mais elle permet de guérir après un drame ou de revenir plus facilement dans sa fenêtre de tolérance.
Pour s’en approcher et intégrer cette sécurité, il est préférable de s’entourer de personnes qui souhaitent également faire un travail en ce sens car cela s’acquiert en relation. En effet, lire sur le sujet est très formateur et intéressant mais cela ne guérit pas l’attachement, on ne soigne ses insécurités qu’avec d’autres personnes bien intentionnées et elles-mêmes suffisamment sécures. En cela, l’accompagnement en thérapie peut s’avérer nécessaire.
Et vous lecteurs & lectrices, pensez-vous à d’autres signes de sécurité ? N’hésitez pas à les partager.
Via le formulaire ci-dessous, vous pouvez poser votre question en lien avec les thèmes du blog : l’attachement, le psychotrauma, la parentalité. Votre question sera anonymisée et j’y répondrai par un post que vous retrouverez dans le blog dans la catégorie “Vos Questions”. Il ne s’agit bien évidemment pas de thérapie, mais plutôt d’un espace où je me propose de préciser des concepts ou de vous aider à orienter votre réflexion. Au plaisir de vous lire !
Quelle est la part de votre enfant qui vous énerve vraiment, qui vous fait réagir, qui vous fait perdre votre sang-froid ? Je vous partage ici un exercice de Dr. Becky at Good Inside pour vous aider à dénouer ces nœuds émotionnels. Vous vous en doutez : ils en disent long sur nous, parents, et Dr Becky détaille cela clairement :
Est-ce le fait que votre enfant :
n’accepte pas qu’on lui dise non ?
fait de grosses crises de colère ?
ne respecte pas les horaires et attend la dernière minute ?
…
Maintenant, respirez profondément.
Dites-vous d’abord : « Mon enfant ne peut pas se comporter comme ça. Mon enfant doit apprendre ce qui est approprié ! »
Observez les sensations dans votre poitrine, vos épaules, votre estomac ; quelles sont les pensées que vous avez à propos de votre enfant et de vous-même.
Prenez quelques respirations.
Maintenant, dites-vous ceci : « Mon enfant m’apprend à me connaître. Ce qui me chiffonne chez mon enfant… me montre la partie de moi-même avec laquelle je suis le moins en contact« .
Poursuivez : » *Il est probable qu’il s’agisse d’une partie de moi que mes propres parents n’ont pas autorisée ; je me suis fermée à cette partie pour m’adapter à ma famille et maintenant ce circuit s’active lorsque je vois ce comportement chez mon enfant*.
Et c’est là que le bât blesse. Demandez-vous :
« Que se passerait-il si, au lieu de chercher à combler le fossé qui nous sépare, moi et mon enfant, en supprimant ce trait de caractère chez elle, je cherchais à combler le fossé en développant ce trait de caractère en moi ?«
Faites une pause. Observez les sensations dans votre poitrine, vos épaules, votre ventre ; remarquez vos pensées à propos de votre enfant et de vous-même.
Nous n’apprenons jamais autant sur nous-mêmes que lorsque nous sommes prêts à nous demander :
« Qu’est-ce que ma contrariété à l’égard de cette personne me dit sur moi-même ? Quel trait de caractère je vois chez quelqu’un d’autre que je pourrais désirer pour moi-même ? »
Je viens de rompre avec un monsieur avec qui on a passé 2 ans à faire des allers et retours et c’était toujours lui qui partait. Le problème c’est qu’il me reproche de n’être pas centrée sur lui, que je ne sois pas assez affectueuse que je ne lui accorde pas beaucoup de temps et qu’il a besoin d’être nourri. Et moi je me sens ambivalente et donc je n’arrive pas à donner autant que je peux. Il se sent rejeté et il s’en va et ensuite c’est une grande souffrance pour moi d’être abandonnée. Donc mes questions : D’où me vient cette insatisfaction sachant que je tiens à lui ? Et aussi : Qui est l’anxieux et qui est l’évitant ? Et comment guérir?
Sabrina
Qui de nous deux ?
Merci Sabrina* pour ces questions, en particulier celle portant sur « Qui est l’anxieux et qui est l’évitant ? »
J’ai choisi d’illustrer ce thème avec l’image d’une goutte qui se reflète dans son eau : car ce que je voudrais pointer au travers de cette question, c’est qu’un style d’attachement c’est un état plus qu’une catégorie fixe. Que l’on n’EST pas l’anxieux ou l’évitant, mais que l’on RESSENT de l’anxiété ou une nécessité de mise à distance. Ce sont des réponses – des stratégies relationnelles – qui sont défensives au sens où elles sont consécutives à un stress.
Parfois on est très polarisé d’un côté et on se balade de relation en relation en ayant le même type de « réponse », on est donc davantage identifié à un style d’attachement spécifique. D’autres fois cette « réponse » varie en fonction du style de partenaire avec lequel on tisse le lien et l’on va se sentir tantôt évitant tantôt anxieux :
en fonction de la relation
ou au sein d’une même relation.
Pour comprendre ces variations, pensez d’abord aux relations dans lesquelles vous vous sentez bien : vous êtes alors au meilleur de vous-même. Vous vous sentez calme, vous pouvez réfléchir avec fluidité, l’humour est accessible et vous avez accès à la curiosité et à la collaboration.
Mais… la relation de couple peut éloigner de cette sécurité
Si on a une vulnérabilité nous faisant souvent douter de l’autre ou bien que l’on se sent facilement envahi, il y a de fortes chances que cet état de sécurité que je viens de décrire se manifeste plutôt dans des relations que j’appelle « périphériques » : des amitiés, des relations de voisinage ou de travail qui n’engagent pas de sentiment de responsabilité quant au fait de se satisfaire mutuellement sur le plan émotionnel.
Car oui, si le couple peut se rêver comme un havre de paix idéal, dans la réalité il a plutôt tendance à avoir un effet de loupe, qui va augmenter les insécurités relationnelles.
Donc à la question « Qui est l’un, Qui est l’autre », la réponse se situe plutôt dans les états dans lesquels vous vous sentez être à tour de rôle : vous ressentez tous les deux la même chose, mais dans un mouvement de bascule. Vous vous souvenez de ces jeux au parc ?
Un tango sans se toucher
Et au final, ce qui peut être commun à toutes les relations vécues, c’est la difficulté d’avoir accès à de la proximité, à de l’intimité émotionnelle, de pouvoir se sentir vulnérable l’un avec l’autre. La relation devient comme un tango qui se danserait à distance, sans se toucher.
Bien sûr à la longue c’est insatisfaisant, même lorsqu’il y a des sentiments ! Puisqu’à force de répéter des situations où chacun met ses besoins au premier plan, les comportements ont souvent tendance à devenir de plus en plus défensifs et donc à installer de la frustration, de la rancœur et de la distance.
Comment guérir ?
La bonne nouvelle en effet c’est que cela se travaille : le système d’attachement a beau être stable dans le temps si l’on n’y fait rien, il est en revanche tout à fait souple aux réorganisations. Face à des oscillations importantes, il est utile de travailler avec un thérapeute qui comprendra le fonctionnement sous-jacent de ces mouvements de « recherche de proximité / mise à distance ».
Ce que je vous recommande également c’est de travailler à la surface, dans votre vie quotidienne, pour mieux vous connaître :
vous auto-observer dans vos relations périphériques : qu’est-ce qui vous amène plutôt sur l’un des deux pôles ? Quels types de commentaire, style de relations, situations vous dévient du sentiment de sécurité ?
noter à quels types de stress êtes-vous sensible dans vos relations proches ?
vous habituer à nommer ce dont vous avez besoin, ce qui vous sécurise, vous apaise
réfléchir à ce qui vous amène à cette ambivalence : s’il y a une part de vous qui résiste à donner plus, de quoi cherche-t-elle à vous protéger ?
développer de la compassion pour vous même en comprenant que ces stratégies relationnelles, même si elles vous paraissent parfois incompréhensibles, reflètent une part de votre histoire : elles ont été utiles à une époque de votre vie.
Via le formulaire ci-dessous, vous pouvez poser votre question en lien avec les thèmes du blog : l’attachement, le psychotrauma, la parentalité. Votre question sera anonymisée et j’y répondrai par un post que vous retrouverez dans le blog dans la catégorie “Vos Questions”. Il ne s’agit bien évidemment pas de thérapie, mais plutôt d’un espace où je me propose de préciser des concepts ou de vous aider à orienter votre réflexion. Au plaisir de vous lire !
Au début de la vie, si on a mal ou peur – et que personne ne vient nous réconforter, on apprend très vite qu’il faut se débrouiller par soi-même. Cela forge le sentiment profond que les autres ne sont pas très compétents et cela désactive dans le même temps les attentes envers les autres : pourquoi demander de l’aide si on est bien mieux servi par soi-même ?!
Dans cette configuration des liens d’attachement où la peur ou la souffrance sont peu prises en charge par les parents, les enfants les mettent de côté.
En revanche ils augmentent leur attention sur ce qui fonctionne et ce qu’ils peuvent maîtriser « Je vais très bien, je suis compétent, ce sont plutôt les autres qui sont immatures et à problèmes ! ».
Répondre aux besoins d’un.e autre qui dépend de soi dans une relation peut s’avérer inconfortable… à extrêmement stressant.
S’ils ont tendance à idéaliser leur histoire et à se classer comme « sécures », leur mode de fonctionnement en circuit fermé témoigne pourtant d’un stress relationnel intense.
Le rejet de la proximité peut s’habiller d’un discours qui le présente comme un choix :
« Je n’ai pas besoin des autres » « Les relations ne m’intéressent pas » « Je préfère la solitude »….
Et si certaines personnes maintiendront ces représentations intactes tout au long de leurs vies, d’autres ressentiront le besoin de les assouplir pour se sentir davantage en lien. Il faudra alors développer suffisamment de compréhension sur ce qui est à la source de l’inconfort ressenti.
Mettre l’autre à distance, c’est une façon de maintenir cachée une partie de soi. Cela s’approche par couches successives :
Le mode de fonctionnement en circuit fermé valorisant l’indépendance (gestion de son temps, de ses activités, mise en place de routines) a été le meilleur moyen possible pour maintenir un équilibre interne. Faire entrer quelqu’un dans cette bulle créé un déséquilibre
Se rapprocher et partager une intimité émotionnelle amène à renouer un contact désagréable avec un endroit de soi qui a été rejeté ou ignoré.
Tout au fond réside la sensation d’être dégoûtant.e ou qu’il y a fondamentalement quelque chose qui cloche chez soi.
Cette courte vidéo explique l’importance du lien humain et la façon dont le cercle de sécurité aide les personnes qui s’occupent d’enfants à répondre à leurs besoins d’attachement.
Le Cercle de Sécurité Parental est un programme innovant, fondé sur des décennies de recherche sur la relation parent-enfant.
Parce qu’il est parfois difficile de comprendre et d’appliquer des conseils autour de la parentalité, ici l’idée est différente : le programme est conçu pour vous aider à percevoir les enjeux relationnels avec votre enfant et ce dont il a besoin pour grandir en confiance.
Je propose désormais des groupes de parents, sur Zoom : Pendant 8 semaines, nous apprenons à regarder des interactions parent-enfant en vidéo et nous en discutons ensemble.
John Bowlby, le « père » de la théorie a dit ceci à propos de l’attachement :
L’attachement intime à d’autres êtres humains est le pivot autour duquel tourne la vie d’une personne, non seulement lorsqu’elle est un nourrisson, un enfant en bas âge ou un écolier, mais aussi tout au long de l’adolescence et des années de maturité, et jusqu’à la vieillesse. De ces liens intimes, une personne tire sa force et sa joie de vivre et, par ce qu’elle apporte, elle donne force et joie aux autres. Ce sont là des questions sur lesquelles la science actuelle et la sagesse traditionnelle s’accordent.
Bowlby, J. (1980) Attachement et perte : Volume 1. Attachment. Basic Books : New York.
Le Cercle de SécuritéⓇ est une carte visuelle de l’attachement. Elle représente le mouvement vers l’exploration et le retour à la base de sécurité.
Voici quelques principes fondateurs qui sous-tendent les modèles d’intervention du Cercle de sécurité Parental :
1
Les problèmes d’attachement dans la petite enfance augmentent la probabilité d’une psychopathologie plus tard dans la vie.
2
Les relations d’attachement sécurisées avec les personnes qui s’occupent des enfants constituent un facteur de protection pour les nourrissons et les enfants d’âge préscolaire. Elles posent les bases de la compétence sociale et favorisent le fonctionnement efficace des systèmes de régulation des émotions et de réponse au stress.
3
La qualité de la relation d’attachement peut être modifiée.
4
L’apprentissage, y compris le changement thérapeutique, se produit dans le cadre d’une relation d’attachement sécurisante.
5
Les changements durables dans la relation d’attachement proviennent du développement par les donneurs de soins de capacités relationnelles spécifiques plutôt que de l’apprentissage de techniques de gestion du comportement.
6
Tous les donneurs de soins veulent ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants.
Pourquoi ce que je lis sur l’attachement ne fait pas de sens pour moi ? Mes parents ont toujours été présents et aimants, pourtant j’ai des difficultés relationnelles.
Voici une question que je reçois souvent et pour laquelle un des éléments de réponse se situe dans la compréhension de la mémoire implicite.
Ces dernières décennies, de nombreuses recherches ont documenté le développement impressionnant des capacités de mémorisation de la petite enfance à l’enfance : on y distingue la mémoire implicite et la mémoire explicite. La différence centrale entre ces deux systèmes est liée à la conscience, dans la mesure où la mémoire explicite nécessite une prise de conscience et l’accès au langage, ce qui n’est pas le cas de la mémoire implicite.
Or même si l’on a longtemps cru que les bébés ne retenaient rien de leurs expériences, la recherche montre que la mémoire implicite est aussi à l’œuvre dans la conservation d’une empreinte des sensations, émotions et expériences corporelles vécues avant l’apparition du langage et qui est donc plus difficile à appréhender. On est là dans la mise en place du système d’attachement, dès le tout début de la vie.
Ces styles sont souvent façonnés par nos expériences précoces avec les figures d’attachement, généralement nos parents.
La mémoire implicite intervient dans ce processus en enregistrant des schémas émotionnels et relationnels provenant de nos premières expériences. Par exemple, si un enfant a vécu des interactions chaleureuses et réconfortantes avec ses parents, cela créé une mémoire implicite de sécurité et de soutien émotionnel. À l’inverse, des expériences négatives peuvent créer des schémas de mémoire implicite associés à l’insécurité ou à l’évitement.
Ces schémas de mémoire implicite influencent notre style d’attachement ultérieur de manière automatique et inconsciente. Par exemple, une personne avec une mémoire implicite de sécurité peut être plus encline à établir des relations saines et à faire confiance aux autres, tandis qu’une personne avec des schémas de mémoire implicite d’insécurité peut manifester des comportements d’anxiété ou d’évitement dans les relations intimes.