La thérapie Lifespan Integration (ICV)

Relier les états du Moi à travers le temps.

Le Lifespan Integration (LI-ICV) est une thérapie qui a été développée par Peggy Pace aux États-Unis, à partir de 2002. C’est une approche de choix pour soigner l’attachement, les difficultés de régulation émotionnelle et intégrer les traumas, qu’ils soient liés à des événements dont on garde un souvenir, ou qu’ils aient eu lieu avant l’apparition du langage.

Le nom de cette thérapie avait été traduit en français par « Intégration du Cycle de la Vie » (ICV). Afin de s’harmoniser avec la terminologie utilisée à l’international, nous revenons désormais à son appellation originale : Lifespan Integration (LI).

Je suis thérapeute et superviseure LI-ICV agréée, pour plus di’nformations veuillez vous rendre à cette page.

Le Lifespan Integration, une thérapie pour réorganiser l’attachement & intégrer les expériences adverses

Parce qu’elles sont enregistrées dans la mémoire implicite, ces dimensions ne sont pas accessibles par le langage : c’est pourquoi les thérapies uniquement basées sur la parole auront un effet limité pour des personnes ayant subi des carences affectives, de la maltraitance ou de la négligence.

En effet, les patients rapportent souvent qu’ils ont compris leur fonctionnement, et cela a été capital dans leur vie, mais cela ne change pas fondamentalement la façon dont ils se sentent agis, un peu malgré eux, dans des réactions, des situations relationnelles répétitives et douloureuses, des pensées négatives, des comportements extrêmes ou des angoisses qui font dire :

Je sais que c’est irrationnel, bizarre, contreproductif et que ça fait mal…
mais je ne peux pas m’en empêcher !

Pour comprendre cette difficulté, il est utile de s’intéresser à la manière dont les expériences sont encodées et conservées par notre mémoire.

Toutes nos expériences ne sont pas mémorisées de la même façon. Une partie de ce que nous vivons peut être rappelée consciemment sous la forme de souvenirs, d’images, de récits et de repères temporels. C’est ce que l’on associe généralement à la mémoire explicite : nous pouvons raconter ce qui s’est passé et le situer, au moins approximativement, dans notre histoire.

Mais d’autres dimensions de l’expérience sont enregistrées de manière plus implicite : les sensations corporelles, les émotions, les réactions automatiques, les attentes relationnelles, les stratégies d’adaptation ou encore les associations entre certaines situations et un sentiment de danger. Ces traces peuvent se manifester sans que nous ayons accès à un souvenir conscient permettant de les expliquer.

Chez le très jeune enfant, et notamment avant l’apparition du langage, les expériences sont nécessairement encodées en grande partie de cette manière. Un bébé ne peut pas se raconter ce qu’il vit avec des mots et construire un récit autobiographique comme le fera un adulte. Pourtant, son système nerveux apprend en permanence : il apprend si le monde est prévisible ou imprévisible, si ses besoins seront entendus, si l’autre est disponible, s’il peut se détendre ou s’il doit rester vigilant.

Ainsi, une expérience précoce peut laisser une trace dans la manière dont le système nerveux se régule et dans les relations avec les autres, même lorsqu’il n’existe aucun souvenir conscient de l’événement.

Lorsqu’un enfant est confronté de façon répétée à de la peur, de l’insécurité, de la négligence ou à une absence de réponse adaptée à ses besoins, certaines réactions peuvent devenir des réponses de survie. L’hypervigilance, le retrait, la mise en veille, l’adaptation excessive ou encore la difficulté à identifier ses propres besoins peuvent avoir été des réponses cohérentes dans le contexte initial.

Plus tard, ces réponses peuvent continuer à se déclencher alors même que la situation présente n’est plus celle du passé. C’est notamment ce qui peut donner cette impression de « savoir » intellectuellement que l’on est en sécurité, tout en ressentant intérieurement le contraire.

Qu’est-ce que l’intégration ?

Intégrer, ce n’est pas oublier le passé, ni effacer ce qui s’est produit.

L’intégration consiste à permettre au cerveau et au système nerveux de replacer les expériences vécues dans une continuité temporelle cohérente : cela s’est passé alors et cela ne se passe plus maintenant.

Lorsqu’une expérience reste insuffisamment intégrée, certains éléments du passé peuvent continuer à être réactivés dans le présent : une émotion, une sensation corporelle, une réaction automatique ou une attente relationnelle peuvent donner au système nerveux l’impression qu’un danger ancien est encore actuel.

L’intégration permet progressivement de relier les différentes expériences de la vie entre elles et de les inscrire dans une histoire continue. Le passé peut alors être reconnu comme appartenant au passé, tandis que le présent peut être vécu avec davantage de sécurité et de liberté.

Il ne s’agit donc pas seulement de se souvenir ou de comprendre, mais de pouvoir progressivement se souvenir, comprendre et ressentir son histoire sans en subir encore les conséquences dans le présent.

La thérapie

Ces symptômes et ces difficultés de régulation ont souvent une origine dans la relation d’attachement ou dans un événement traumatique spécifique. Je propose sur ce site internet de nombreuses ressources explicitant les mécanismes d’adaptation qui se mettent en place chez le bébé et le jeune enfant, lorsque l’ambiance relationnelle du début de la vie est carencé, instable, voire même empreint d’hostilité.

Alors que le temps passe, que ce bébé est maintenant devenu adulte, il reste pourtant en lui quelque chose de cette insécurité initiale qui se manifeste dans les relations et dans des problèmes physiologiques (troubles du sommeil, addictions, anxiété, dépression…).

On peut comprendre cela en s’inspirant des anneaux de croissance des arbres, car comme eux, nous sommes « cumulatifs » : lorsqu’on coupe un tronc d’arbre on peut voir qu’à l’intérieur il y a toujours le petit arbre de un an, puis celui de deux ans, de six ans etc., jusqu’au dernier anneau d’aujourd’hui, enveloppé d’écorce. Pour nous, humains, c’est un peu pareil au sens où ces anneaux correspondent aux âges de la vie, et lorsqu’il y a eu trop de stress, « l’anneau de croissance » correspondant pour nous à un « état du Moi », est encapsulé.

En quelque sorte, la mémoire conserve une information du passé dans laquelle l’hypervigilance ou la mise en veille étaient indispensables à sa survie. Ce phénomène d’adaptation était cohérent dans ce contexte initial, mais aujourd’hui il ne l’est plus : la thérapie consiste alors à « prouver » au système nerveux que ce qui est dans le passé est terminé.

Pour ce faire, le Lifespan Integration repose sur l’élaboration d’une liste de souvenirs chronologiques de la vie du patient, la « ligne du temps ». Notre objectif est d’installer les conditions d’une meilleure stabilité du système en reliant les événements dans une trame cohérente, permettant de ranger les événements vécus au bon endroit dans le passé.

Cette mise en continuité de l’histoire personnelle vise à favoriser progressivement une distinction plus claire entre ce qui s’est passé et ce qui se passe aujourd’hui ou encore la vulnérabilité de l’enfance et les capacités actuelles de choix et d’agentivité. Les différents éléments de l’expérience peuvent ainsi être reliés les uns aux autres et replacés dans leur contexte temporel, plutôt que de rester vécus comme des expériences isolées ou toujours susceptibles de se reproduire.

Ce processus d’intégration favorise l’accès progressif à un sentiment de sécurité suffisant qui permet de faire sens de son histoire (se souvenir, comprendre et ressentir) sans en subir encore les conséquences dans le présent.

Comme le Petit Poucet qui sème ses cailloux blancs pour retrouver son chemin, la thérapie aide le patient à déposer ses propres repères internes, pas à pas, jusqu’à pouvoir se réorienter seul.

Ce n’est pas comme on peut le lire parfois, une « thérapie brève » car plus une personne a été exposée à de l’adversité au début de sa vie (carences, maltraitances), plus son fonctionnement global risque d’en être affecté à l’âge adulte. Ce sont donc des accompagnements qui prennent du temps et cela en vaut la peine. Les réorganisations se mettent en place progressivement, à mesure que grandit le sentiment de sécurité.

Pour plus de précisions sur les bases théoriques de Lifespan Integration – ICV et son fonctionnement, voir le site de LI France ou Lifespan Integration.

Laetitia Bluteau | laetitiabluteau.fr

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