ESPT (Etat de Stress Post-Traumatique), Non classé, Théorie polyvagale

Et si votre difficulté à avancer était en réalité une réponse de figement ?

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Comme face à Méduse, tout mouvement devient impossible.
Car le figement n’est pas un choix, c’est une réponse automatique de survie.

Quand le corps doit se pétrifier pour survivre

Lorsqu’on parle de trauma, on évoque souvent la fuite ou le combat. Pourtant, une autre réponse de survie est tout aussi fondamentale et elle reste moins bien comprise. Il s’agit du figement, aussi appelé freeze. Plus discrète encore, une forme moderne et invisible de cette réponse existe aujourd’hui, c’est le figement fonctionnel. Comprendre ces états permet de transformer profondément notre regard sur de nombreux symptômes physiques, émotionnels et comportementaux.

Vous trouverez sur ce site de nombreux contenus sur le trauma et le fonctionnement du système nerveux autonome. Ce que nous allons aborder ici concerne spécifiquement le figement.

Le système nerveux autonome est conçu pour assurer notre survie. Face à une menace perçue, il active automatiquement une réponse adaptée : si le danger peut être affronté, le corps mobilise l’énergie du combat et s’il est possible de s’en éloigner, il active la fuite. Mais lorsque aucune action ne semble possible, le système nerveux choisit le figement. Cette réponse n’est ni consciente ni volontaire, elle est biologique, automatique et profondément intelligente.

Le figement survient lorsque l’organisme estime qu’il n’existe aucune issue. Le corps entre alors dans un état de protection maximale. L’énergie diminue fortement, les fonctions non essentielles sont mises en veille et le système nerveux parasympathique dorsal prend le relais. La perception se modifie, les émotions peuvent s’émousser et la douleur se faire plus lointaine. Sur le plan subjectif, cela peut se traduire par une sensation de vide, d’engourdissement, de confusion mentale, une difficulté à penser ou à agir, une immobilité intérieure et parfois une dissociation plus ou moins marquée. Le figement est une stratégie de survie lorsque le système est dépassé.

Chez certaines personnes, en particulier ayant vécu des traumas précoces et ou relationnels répétés, le système nerveux apprend logiquement que le monde est dangereux et même plus encore, que les tentatives d’agir sont perdues d’avance. C’est une forme de résignation apprise (learned helplessness), un état psychologique dans lequel un individu humain ou animal, exposé à des situations aversives (douleur, échec, stress) incontrôlables finit par abandonner toute tentative d’y échapper ou de les éviter, même lorsque des solutions deviennent disponibles plus tard. Les études de Seligman sur les chiens sont éclairantes à ce sujet :

Dans les années 1960, le Pr Martin Seligman et ses collègues ont mené des expériences sur des chiens. Ceux-ci recevaient des chocs électriques dans une cage sans avoir aucun moyen de s’en protéger. Après plusieurs essais, les chiens ne tentaient plus de fuir, même lorsqu’on leur offrait une issue. Ils restaient passifs, comme s’ils avaient « appris » que leurs actions n’avaient aucun effet.

Mécanismes :

  • Perte de contrôle perçu : L’individu généralise l’idée que ses actions sont inefficaces.
  • Symptômes : Apathie, baisse de motivation, dépression, difficulté à apprendre de nouvelles stratégies d’adaptation.

Le figement peut alors s’installer comme un état de fond plutôt que comme une réponse ponctuelle. Cela peut s’exprimer par une fatigue chronique, un brouillard mental, des douleurs persistantes, une difficulté à se concentrer, un sentiment d’être éteint ou déconnecté et une grande difficulté à passer à l’action malgré une réelle volonté de changer.

Figement et figement fonctionnel

Le figement fonctionnel est une forme plus subtile de ce même mécanisme. Il s’agit d’un concept issu de l’observation clinique et somatique, permettant de décrire un état de figement interne masqué par un fonctionnement social et professionnel préservé.

Le figement ressemble au mythe de Méduse dans lequel, face à une menace perçue comme inévitable, le vivant se transforme en pierre. Le regard de Méduse ne tue pas, il immobilise.

Extrait de la fresque de Carrache au palais Farnèse : 
Persée pétrifie ses ennemis grâce à la tête de Méduse, tranchée par Persée.
Par Annibale Carracci and Domenichino

Ce concept de figement fonctionnel s’inscrit dans la continuité des travaux de Stephen Porges sur le système nerveux autonome et de Peter Levine sur les réponses de survie. À l’extérieur, tout semble aller bien. La personne travaille, assume ses responsabilités, se montre compétente, organisée et souvent très performante. Elle peut être perçue comme solide, fiable ou même brillante. À l’intérieur, pourtant, l’expérience est tout autre. Il y a une sensation de coupure avec soi, une rigidité interne, un hypercontrôle constant, un épuisement profond et un manque de plaisir ou de vitalité. Ralentir devient difficile, voire angoissant. Le mouvement est possible, mais il est coûteux.

En réalité, le corps est encore en mode survie. Il fonctionne, mais il ne vit pas pleinement. En suivant la métaphore de Méduse, on pourrait dire que dans le figement fonctionnel, la statue continue de bouger, de travailler et de fonctionner, mais quelque chose à l’intérieur est minéralisé. L’élan vital est sous contrôle permanent. Comme Méduse, ces états sont souvent mal compris et chargés de honte, alors qu’ils racontent une histoire de survie extrême. On ne sort pas du figement en l’attaquant de front. Comme Persée, on avance indirectement, par sécurité, par reflet, jusqu’à ce que le corps n’ait plus besoin de se transformer en pierre.

C’est pour cette raison que les injonctions à se motiver, à se discipliner ou à penser positivement sont généralement inefficaces. Dans le figement, le problème se situe au plan neurobiologique. Le cerveau rationnel peut vouloir avancer et faire des projets, mais le système nerveux envoie un message clair : c’est insécurisant. Se forcer ne fait alors qu’aggraver la situation en augmentant la surcharge physiologique, l’épuisement et la déconnexion corporelle.

Il n’y a pas de « quick fix » pour sortir du figement. Cela prend beaucoup de temps et de patience renouvelée. L’effort mental n’étant pas très efficace, l’attention est à porter sur une restauration progressive de la sécurité dans le corps. Cela implique un travail sur la régulation du système nerveux, une reconnexion corporelle douce, une diminution de la surcharge physiologique, notamment en soutenant le sommeil et en réduisant l’inflammation, ainsi qu’un respect profond du rythme interne. Les petits mouvements et les micro choix sont souvent bien plus efficaces que les changements brutaux. Le corps doit d’abord sentir qu’il est en sécurité avant de pouvoir évoluer.

Changer de regard sur la « paresse » ou la procrastination

Comprendre le figement et le figement fonctionnel permet un changement de regard essentiel. Ce qui était perçu comme de la paresse ou un manque de volonté apparaît alors pour ce que c’est réellement, une intelligence de survie qui a permis de tenir dans des contextes où il n’était pas possible de faire autrement. La guérison commence lorsque l’on cesse de demander au corps de faire plus : si l’envie qui se présente est de se mettre en boule sous une couverture, pourquoi ne pas aller dans le sens du corps ? Offrir de la lenteur, de la chaleur, une musique enveloppante sans surstimulation (car de nos jours le repos est souvent confondu avec du visionnage compulsif de séries et de temps évaporé sur les réseaux sociaux : ce n’est pas du tout du repos pour l’organisme).

Retrouver de la vitalité ne consiste pas à forcer la sortie du figement, mais à accompagner doucement le corps pour qu’il n’ait plus besoin de s’y réfugier.

Laetitia Bluteau | laetitiabluteau.fr

Trauma Complexe

Agrandir sa capacité d’intégration : un processus au cœur de la guérison du traumatisme complexe

Guérir d’une vie traumatisée est un chemin long et complexe.
Beaucoup de personnes arrivent en thérapie en souhaitant “tourner la page », “oublier” ou à se débarrasser de symptômes invalidants le plus vite possible… et le thérapeute peut se sentir piégé dans cette urgence à trouver un remède miracle à tant de souffrance.

Dans le contexte du psychotrauma, nous ne sommes pas dans une situation « compliquée » (qui équivaut à trouver une solution à un problème) mais nous faisons face à un « système complexe » qui s’est enchevêtré depuis le tout début de la vie, éclabousse et trouve des redondances dans mille situations du quotidien ainsi que dans des symptômes physiques et relationnels.

La guérison passe par 1) la capacité à ressentir ce qui est advenu / ou la souffrance de ce qui a tant manqué 2) ne pas être submergé.e par ce ressenti 3) sentir au plus profond de soi que c’est terminé. Arriver à ce stade de guérison nécessite du travail et du temps. Grâce aux thérapies trauma-informées telles que le LI-ICV, l’EMDR, la Somatic Experiencing ou la thérapie sensorimotrice, c’est aujourd’hui tout à fait atteignable.

L’objectif de la thérapie ne peut donc pas reposer sur le fait de résoudre un problème. Il s’agit plutôt de développer un processus plus profond et plus lent : le développement de la capacité d’intégration.

Ce concept désigne la faculté du corps et de l’esprit à relier ce qui a été fragmenté par les expériences traumatiques répétées. C’est cette intégration progressive qui permet, avec le temps, de retrouver unité, sécurité intérieure et vitalité.

Qu’est-ce que la capacité d’intégration ?

Un traumatisme ne se résume pas à l’événement effrayant en tant que tel.
Ce qui le rend traumatique, c’est le fait que notre système nerveux n’a pas pu le traiter sur le moment. Si c’est une notion nouvelle pour vous, allez voir à ce sujet Le trauma est dans le système nerveux, pas dans l’événement.
Trop d’intensité, trop de peur, trop d’impuissance – étant dans l’incapacité d’utiliser son système de défense mobile (Fight or Flight) le corps se fige, la psyché se scinde, et certaines parts de l’expérience restent bloquées. Ce gel intérieur crée une dissociation :
l’intégration, c’est justement le processus par lequel ces morceaux d’expérience reprennent contact et cohérence.

La capacité d’intégration est une compétence psychique et corporelle qui nous permet de ressentir nos émotions sans être submergés, de donner du sens à ce que nous vivons, de relier nos sensations, nos pensées et nos souvenirs, et de rester connectés à nous-mêmes, même dans la douleur.
Elle n’est pas innée : elle se construit progressivement, à mesure que notre système nerveux retrouve sécurité et régulation. Cette capacité devient le contenant grâce auquel il va être possible d’entrer progressivement en contact avec des couches toujours plus profondes de souffrances enfouies.

Dans le processus de guérison du traumatisme, cette capacité se déploie à travers trois grandes phases qui se soutiennent mutuellement.
La première, celle de stabilisation, vise à rétablir un sentiment de sécurité interne et externe, à apaiser le système nerveux et à renforcer les ressources du patient.
La deuxième, celle d’exposition, permet de revisiter progressivement les fragments de l’expérience traumatique, avec suffisamment de soutien pour que la mémoire puisse être “digérée” sans submersion.
Enfin vient la phase d’intégration, où les éléments du vécu peuvent être reliés, symbolisés et intégrés dans une histoire de soi cohérente.

L’intégration : un processus lent, graduel et non linéaire

J’ai l’habitude de comparer la capacité d’intégration à notre capacité à digérer ce que la vie nous fait vivre. De la même manière qu’il serait impossible et même dangereux de manger tous nos repas du mois en une seule fois, il est impossible d’“assimiler” toute la charge émotionnelle d’un traumatisme d’un seul coup.
Notre système nerveux, comme notre système digestif, a besoin de rythme, de pauses et de portions adaptées à ce qu’il peut traiter à un instant donné.
Quand l’événement est trop intense, trop soudain, il reste en quelque sorte “indigeste” : les émotions, les sensations et les images ne peuvent pas être transformées en expérience intégrée.
Le travail thérapeutique consiste alors à reprendre ces morceaux non digérés, doucement, dans un environnement sûr, pour permettre au psychisme de les métaboliser à son propre rythme.

La relation thérapeutique joue un rôle fondamental dans ce processus.
Un cadre bienveillant, sécurisant et régulier permet à la personne de revisiter progressivement les fragments de son expérience traumatique.

Dans ma pratique, c’est avec la thérapie LI (Lifespan Integration, ou ICV) que j’accompagne à cette intégration psychocorporelle.
On ne cherchent pas à “réparer” la personne, mais à lui redonner accès à ses propres ressources d’autorégulation et de cohérence.

Cultiver l’intégration au quotidien

L’intégration se nourrit aussi des pratiques du quotidien :

  • la pleine conscience, pour observer sans juger ;
  • le mouvement corporel (yoga, danse, respiration consciente), pour rétablir le lien corps-esprit ;
  • la créativité (écriture, art, musique), pour symboliser l’indicible ;
  • les relations soutenantes, qui réparent le sentiment de sécurité et d’appartenance.

Pratiqués régulièrement, ces gestes simples renforcent la régulation du système nerveux et soutiennent la capacité du corps à guérir.

Atelier en ligne

Ateliers thématiques : attachement et théorie polyvagale

Ces rencontres sont ouvertes uniquement aux professionnels de l’accompagnement en santé mentale

Dans ma pratique de psychologue et superviseure, je constate chaque jour combien les cadres théoriques de la théorie de l’attachement et de la théorie polyvagale enrichissent notre compréhension des processus relationnels et de régulation émotionnelle.
Ces modèles, à la croisée des neurosciences, de la psychologie du développement et de la clinique, offrent des clés précieuses pour éclairer nos accompagnements.

Je vous propose des webinaires à destination des professionnels de la psychothérapie : ce sont des temps de transmission, de réflexion et de mise en lien entre théorie et pratique, afin de soutenir l’intégration de notions essentielles, dans votre cadre clinique.

Théorie polyvagale et ajustement thérapeutique : accompagner l’hyper et l’hypoactivation

Comprendre les états d’hyper et hypoactivation de nos patients, pour mieux s’ajuster.

Durée : 2h | Tarif : 70€


La relation thérapeutique à la lumière de la théorie de l’attachement

Reprendre les bases de la théorie et ses implications dans la relation thérapeutique.

Durée : 6h (3 sessions de 2h)| Tarif : 180€

Non classé

Qu’est-ce qu’un trauma « non résolu » ?

Qu'est-ce qu'un traumatisme non résolu ?
Caractéristiques d’un trauma non résolu

Ces caractéristiques montrent que l’expérience à laquelle a été exposée la personne a dépassé ses capacités d’intégration. Cela signifie qu’elle n’a pas pu ranger le souvenir au bon endroit dans la chronologie de sa vie. C’est comme être encombré, parfois en permanence, par quelque chose de bruyant, douloureux et effrayant… comme si la menace était toujours présente, même des années après.

Si ce sujet n’est pas très clair pour vous, vous trouverez des éléments d’explications à cette page : Le trauma est dans le système nerveux, pas dans l’événement.

Ce qui n’est pas intégré continue donc de s’exprimer de différentes manières :

  • Réactivité émotionnelle : La personne peut ressentir des émotions intenses comme l’anxiété, la peur ou la colère face à des situations qui lui rappellent, consciemment ou inconsciemment, l’événement traumatique.
  • Flashbacks ou reviviscences : L’individu peut revivre mentalement le traumatisme, souvent sous forme de souvenirs intrusifs ou de flashbacks, parfois déclenchés par des stimuli sensoriels ou des situations spécifiques.
  • Évitement : Il est fréquent que les personnes évitent tout ce qui pourrait leur rappeler l’événement traumatique, qu’il s’agisse de lieux, de personnes ou d’activités. Cela peut restreindre leur vie quotidienne.
  • Symptômes somatiques : Un trauma non résolu peut se manifester par des symptômes physiques, tels que des douleurs, des tensions ou des troubles du sommeil.
  • Hypervigilance et réactivité : La personne peut devenir hypervigilante, constamment sur le qui-vive, ou réagir de manière disproportionnée à des situations ordinaires.
  • Conséquences sur les relations : Les traumas non résolus peuvent aussi affecter les relations interpersonnelles, rendant difficile la confiance ou l’établissement de liens stables.

Un trauma non soigné peut entraîner de grandes perturbations dans la vie d’une personne, tant sur le plan médical que psychologique. Il présente un risque important de conduite addictives, la consommation d’alcool et de drogues étant utilisées pour s’anesthésier et ne plus ressentir ce trauma qui revient faire effraction dans la vie quotidienne, au travers des symptômes cités ci-dessus.

Chez beaucoup, beaucoup de personnes, les dérégulations seront plus socialement admises et donc plus difficile à détecter, comme par exemple l’addiction au sport ou au travail. Ceci peut tout à fait aller de paire avec un fonctionnement de vie quotidienne « qui tient », mais qui peut tomber comme un château de cartes.

Pour guérir : intégrer ses expériences adverses

Il est courant d’entendre que « ne plus y penser », « mettre ça de côté » ou encore « passer à autre chose » serait la solution. Par manque de connaissances sur le sujet, l’entourage et parfois même des soignants, peuvent encourager un proche dans ce sens. Pourtant, ce n’est jamais la solution, le trauma ne disparaît malheureusement pas avec le temps qui passe… Sa résolution implique au contraire une démarche thérapeutique, comme l’approche LI-ICV ou l’EMDR.

Comment savoir si un trauma est résolu ?

Grâce à la thérapie, l’événement peut être « traité », c’est-à-dire rangé au bon endroit dans son histoire de vie. Ainsi, on peut se souvenir de ce qu’on a vécu, avec des émotions, des sensations, des images qui varient et tout ça, sans être débordé.e ni anesthésié.e.

Laetitia Bluteau | laetitiabluteau.fr 2024

emotionless young lady with smears on painted face looking away in studio
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Dissociation : une stratégie de Ruth Lanius

La dissociation permet de survivre à l’insupportable : en se déconnectant de soi-même et de son environnement, en se coupant de ses émotions et de ses besoins, la douleur et la souffrance sont comme anesthésiées.

Il est important de reconnaître que ce mécanisme a été une protection vitale : une adaptation normale & adaptée à une situation trop intense et donc impossible à tolérer… mais il devient un enfer à vivre par la suite.

Pour de très nombreuses personnes, les effets persistent dans le temps et créent une sorte d’anesthésie de son rapport à soi.

Ruth Lanius propose dans une courte vidéo une pratique toute simple à envisager pour les personnes qui perdent la notion du temps, se sentent absorbés dans la déconnexion. Pour les aider à s’ancrer davantage dans le présent, à reprendre le fil du temps, elle propose de mettre par écrit le déroulement de la journée, comme un journal :

  1. on règle plusieurs rappels par jour (par exemple avec des alarmes sur le téléphone) qui vont signaler que c’est le moment de rajouter une ligne au journal
  2. puis on écrit les différentes étapes de la journée, en essayant de préciser des éléments spécifiques, qui rendent ce moment unique
  3. et on reprend la lecture de cette ligne du temps depuis le début, à chaque fois qu’on ajoute une nouvelle ligne.

Cela donne par exemple quelque chose comme :

  • J’écoute une émission de radio sur les fourmis
  • Je bois un thé en regardant par la fenêtre
  • J’arrive au travail et on plaisante avec ma collègue
  • Pause déjeuner à la cafétéria, le fondant au chocolat
  • Je croise mon voisin par hasard dans le bus
  • etc

Article à retrouver sur Nicabm : https://www.nicabm.com/strategy-for-dissociative-clients-who-lose-time/?del=3.22.23FBPost&fbclid=IwAR3ny68abeb6iHwFxjRMTTQNCH-KyBtZhOGln0GdftLGpljb9lnmxA1go28

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Non classé

Trauma & Théorie Polyvagale

Excellente vidéo de Unyte-ILS, traduite par Quantum Way.

Comprendre l’importance du système nerveux autonome est une clef essentielle pour une bonne santé individuelle et au-delà, collective.

Si vous voulez améliorer le monde, commencez par faire en sorte que les gens se sentent en sécurité

Stephen Porges

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Théorie polyvagale

« Safe & Sound Protocol » : réduire le stress, apaiser les relations

Safe and Sound Protocol – Adultes
En collectif


Depuis 2018, je propose le « Safe & Sound Protocol » :

  • C’est par un son filtré que le SSP traite la dysrégulation du système nerveux, à l’origine du stress et des états émotionnels trop réactifs.
  • Le but du SSP est de « calmer » le système nerveux, ce qui permet au patient d’avoir un accès plus facile aux apprentissages et aux relations sociales.

Les changements observés chez les enfants bénéficiant d’un protocole de SSP :

  1. Le contact visuel : les enfant regardent davantage dans les yeux en famille, avec les autres enfants et les enseignants.
  2. L’écoute : une meilleure écoute et une meilleure compréhension du langage
  3. La régulation : un meilleur contrôle des émotions et du comportements, et une meilleure expression du ressenti
  4. Le jeu : une amélioration des comportements de jeu avec les autres enfants
  5. On note fréquemment davantage de câlins et de sourires.

Qu’est-ce que le Safe & Sound Protocol ?

Développé par Stephen Porges, auteur de la théorie polyvagale, le Safe & Sound Protocol (SSP) est une intervention thérapeutique qui permet de mieux réguler le système nerveux. Il aide à réduire le stress tout en augmentant les capacités d’engagement social et la résilience.

Basé sur des dizaines d’années de recherche, le SSP permet de calmer des états physiologiques et émotionnels, ouvrant alors la porte à une amélioration de la communication et de meilleurs résultats en thérapie.

Le SSP montre des résultats significatifs pour les adultes et les enfants qui ont des difficultés de communication et de régulation, comme dans les situations suivantes :

  • Difficultés émotionnelles et sociales
  • Sensibilités auditives, Misophonie
  • Anxiété
  • Trauma
  • Inattention, difficulté à rester en place
  • Troubles du comportement
  • Sentiment d’insécurité, peurs, cauchemars
  • Stress ayant un impact sur l’engagement social

Ce que le système nerveux détecte comme signes de sécurité ou de danger détermine l’accès à des comportements sociaux ou de défense. Même si nous ne sommes pas forcément conscients de la présence d’un danger d’un point de vue cognitif, sur le plan neurobiologique notre corps a déjà amorcé une séquence de processus neuronaux qui faciliteront des comportements de défense tels que le Combat, la Fuite ou le Figement.

Stephen Porges, The Polyvagal theory : Neurophysiological foundations of Emotions, Attachment, Communication and Self-Regulation

Comment fonctionne le SSP ?

Les états émotionnels et physiologiques ont un impact considérable sur la façon dont nous appréhendons les activités de la vie quotidienne. Ainsi, lorsque le patient est plus calme, il est à la fois mieux engagé socialement et plus réceptif à la thérapie.

Cette intervention douce et non invasive consiste à écouter une musique qui a été filtrée d’une façon spécifique afin de stimuler le muscle stapédien de l’oreille moyenne, qui joue un rôle important dans la façon dont nous interprétons la parole, les expressions du visage ainsi que d’autres indices que nous traitons dans les interactions sociales. En stimulant ce muscle, le fonctionnement du nerf facial et du nerf vague – qui jouent tous deux un rôle crucial dans les comportements sociaux – est alors amélioré : les adultes et les enfants qui ont des difficultés à gérer leurs émotions, leurs réponses de stress ou qui ont une sensibilité auditive, ressentent un sentiment de sécurité qui leur permet d’entrer en relation plus facilement.

Ainsi, des comportements sociaux spontanés, une meilleure capacité d’apprentissage, d’auto-régulation et d’engagement relationnel sont souvent observés.

A qui s’adresse le SSP ?

Dans ma pratique clinique, je propose cette modalité thérapeutique aux personnes ayant des difficultés de régulation des émotions, du stress et/ou du comportement, comme par exemple dans les cas de :

  • Hyperactivité, déficit d’attention
  • Crises de rage, impulsivité
  • Anxiété, de crises de panique
  • Isolement relationnel, inhibition
  • Hypervigilance et stress suite à un épisode traumatique

La version digitale est disponible pour les enfants et les adultes et vous permet d’avoir accès au SSP de chez vous selon les horaires qui vous conviennent, avec ma supervision à distance.

Notez bien que le Safe and Sound Protocol ne remplace en aucun cas la thérapie, par exemple il ne fait pas disparaître les schémas relationnels compliqués ou les pensées négatives que l’on peut avoir sur soi-même : son action permet de calmer efficacement l’anxiété, la réactivité, les crises ou à l’inverse les sensations de figement ou l’inhibition. J’ajoute que pour les enfants, le SSP n’a d’efficacité que si les parents font leur propre travail pour mieux se réguler. Dans ces cas là, j’ai constaté à maintes reprises dans ma pratique que des séances de Safe and Sound Protocol ont durablement apaisé des enfants au comportement dérégulé.

Pour connaître les conditions, me contacter par email.

Vous trouverez des publications sur les champs d’application du SSP à cette page (en Anglais) ainsi que d’autres informations sur ces pages :

Unyte-iLS    Dr Stephen Porges    Groupe Facebook


Laetitia Bluteau | laetitiabluteau.fr

ESPT (Etat de Stress Post-Traumatique)

Thérapie du Stress Post-Traumatique

Le Stress Post-Traumatique peut être considéré comme la trace d’un choc qui reste actif dans l’organisme. Cette trace est constituée de symptômes tels que l’hypervigilance, les Flashbacks, les Cauchemars concernant l’événement, les Souvenirs intrusifs, les Conduites d’évitement… et toutes sortes de dérégulations plus subtiles de l’humeur de du sentiment de connexion à la vie.

L’hyperactivation du système nerveux se déclenche face à une situation qui présente un danger et dont l’intensité dépasse ce que l’on peut vivre dans la vie quotidienne : dans les cas de viol, de torture, d’agression, de catastrophe naturelle… Et cela peut aussi être le cas dans des situations plus banales, telles qu’une chute de vélo, une procédure médicale ou bien la morsure d’un chien. Dans ces situations, le système nerveux sympathique provoque la production d’une quantité phénoménale d’adrénaline : c’est l’énergie dont l’organisme a besoin pour se défendre par les réactions de Combat ou de Fuite (Fight or Flight), s’accompagnant d’importants bouleversements physiologiques :

  • Accélération du rythme cardiaque et de la respiration, ce qui permet d’avoir à disposition davantage d’oxygène et de sang dans les muscles
  • Pupilles dilatées
  • Nausée, bouche sèche
  • Extrémités froides
  • Muscles tendus…

Lorsque ces réactions de Combat/Fuite ne sont pas possibles, ou si la situation traumatique est prolongée, il y a alors une réaction de Figement (Freeze) aussi appelée « sidération psychique », c’est que l’on observe par exemple chez le petit mammifère qui « fait le mort » lorsqu’un prédateur l’a attrapé et continue de jouer avec. Chez l’humain, cela donne lieu à des réactions telles que :

  • La sensation d’être dans une autre réalité
  • Le rythme cardiaque ralentit, la peau devient pâle
  • La douleur et la peur sont moins intenses ou disparaissent

Il y a un État de Stress Post-Traumatique lorsque le système nerveux reste bloqué dans un état de survie, comme s’il restait figé dans le temps de l’événement et qu’il percevait continuellement la répétition du danger.

Le trauma lui-même peut se soigner par des approche thérapeutiques telles que l’ICV et des techniques issues de la Somatic Experiencing grâce à des exercices permettant de se reconnecter à soi et à son environnement de façon calme et adaptée. Il s’agit de montrer au corps que le danger est désormais écarté et que les stratégies défensives qui parasitent le patient par le biais de ses symptômes n’ont plus lieu d’être.

Le programme Safe and Sound Protocol en collectif est spécialement dédié à ce sujet.

Laetitia Bluteau 2018